Recettes

               Si la majorité des moustiques redoutables se situent dans les zones tropicales et équatoriales ; leurs plus grands nombres, jusqu'à parfois une densité telle à obscurcir la luminosité, permanente ici, campent eux aussi, dommage, dans les zones arctiques continentales. Ceci est à minorer puisque l'intensité majeure du phénomène saisonnier ne se produit qu'après la fonte des neiges

jusqu'aux recommencements des nuits, à priori de fin mai à début août. Mon bonheur personnel sera de séjourner au mauvais endroit, exactement au mauvais moment et toute sa durée ! Pour autant il est difficile de prévoir l'apparition exacte des insectes dans leurs phases actives d'agression, ni à date ni en quantité, puisqu'elle est subordonnée aux températures variables et pluviométries changeantes du printemps. On sait toutefois que la sueur (comment pédaler sans suer ?), les couleurs sombres et les masses importantes décuplent l'attrait des dites bestioles. Quelle est la différence entre un cycliste imprévoyant et un élan ? Aucune disait le mosquito ! On sait également que le réchauffement de la planète augmente le phénomène...

 

N'ayant pas déniché les produits répulsifs puissants, naturels et spécifiques à l'arctique qui eurent été alliés à un aspect solide pour minimiser le poids et s'affranchir d'écoulement accidentel ; moi je, en accord avec moi-même, ai décidé de les concocter. Les recettes de produits d'hygiène incluent d'assez fortes proportions d'huiles essentielles (HE) par ajout d'une simple base de savon, non pas, quelle avanie, une belle saponerie de pointe : savon, savon à raser, schampooing. Les HE choisies semblent majoritairement répulsives des moustiques, probablement des mouches, pour quelques unes des tiques. Malheureusement, certaines de ces huiles attireraient concomitamment les hyménoptères : le monsieur dit que pour les guêpes, il en sait encore moins !

Ainsi mal parti, j'ai couché, rubis sur un onglet plus loin, les mixtures vouées à l'hygiène, dont l'attendu baume de toilette japonaise ; deux onglets plus loin celles nécessaires à la trousse à pharmacie.

Les recettes indicatives ne relèvent d'aucune compétence personnelle reconnue, ne sauraient en aucun cas constituer une information médicale ou pharmaceutique et ne s'y substituent pas. Le fait d'utiliser ces produits, quels qu'ils soient, en intégralité ou en partie, n'implique en aucun cas ma responsabilité pour quelques raisons que ce soient.

Les HE sont des produits très actifs et potentiellement dangereux nottament pour les yeux et le conduit auditif, ou par ingestion, même en quantité infime, également en surdosage et/ou durée prolongée. Il est vivement recommandé de consulter une personne compétente en pharmacie au préalable ET d'en tester l'innocuité par une goutte sur le pli du coude pendant 4 heures minimum et 48 heures avant utilisation. En outre les HE sont fréquemment interdites aux enfants, femmes enceintes ou allaitantes, asthmatiques, allergiques, immunodéficients ou sous traitement.

La majorité des HE sont photosensibles, c'est à dire qu'elles brûlent dangereusement la peau en cas d'exposition directe au soleil.

La majorité des HE peuvent aisément se révèler très gravement destructrices de l'odorat des animaux.

En cas de projection d'une HE dans les yeux, seule une huile végétale neutre, à commencer par celle qui tombe rapidement sous la main, celle de la salade, permettra de la diluer et de l'évacuer : la majorité des HE sont insolubles dans l'eau.

Toutes les HE sont interdites durant le premier trimestre de grossesse.

Par précaution on n'utilisera pas, sauf avis médical, les préparations pour des enfants de moins de 6 ans. Pour des enfants d'âges supérieures, il convient de fractionner la posologie selon le poids de l'enfant par rapport à celui d'un adulte.

Les HE doivent impérativement être estampillées "100% pure et naturelle", ceci au mot près. L'offre sur le net, mais également quelques fois en officine, regorge de produits à base de constituants en tout ou partie de synthèse, majoritairement non opérants et/ou allongés d'une autre HE peu, pas ou différemment active... mais moins onéreuse.

Hygiène péparatoire

Les liquides aqueux et huileux, de façon générale tous les ingrédients même solides, peuvent développer à terme des bactéries et/ou moisissures et/ou une modification par oxydation donc fortement, voire gravement modifier l'aspect visuel et /ou leurs qualités et/ou rendre toxique : moins on introduit d'éléments étrangers, plus on recule la péremption de la préparation.  La jeter à la moindre formation de moisissure et/ou odeur désagréable même faible et/ou changement d’aspect.

Les huiles végétales (HV) se conservent plus durablement si on ajoute 0.5% de vitamine E qui vise à prévenir la dégradation et le rancissement dans les mauvaises conditions de mon périple jusqu'à 9 mois. Pour une utilisation domestique, surtout de petite quantité, la vitamine additive n'est aucunement nécessaire. Par contre, après l'achat d'un flacon complet de HV qui risque un entreposage durable, il conviendrait d'ajouter dès l'ouverture 0.5% poids sur volume de vitamine. Par exemple pour un flacon de 50ml d'HV, le poids additif en vitamine à 0.5% de 50ml à densité 0.95, sera 0.24 g (0.005 x 50 x 0.95).

 

Les instruments de mise en oeuvre (pinceau, entonnoir, spatule, ...) et les contenants utilisés (flacon, bouchon, compte-goutte, pompe, pistolet...) doivent donc préalablement être exempts de salissure. Après lavage des mains, enfiler des gants fins latex à intérieur poudré, ce qui ne gâtera rien. Dégager un large plan de travail, le nettoyer à l'alcool 70° et rassembler de façon ordonnée tous les récipients et ustensiles propres et secs, énumérés dans les recettes. Imbiber d’alcool 70° un chiffon propre et/ou un pinceau irréprochable puis frotter tous les intérieurs de vos contenants et ustensiles, les bords, les joints, bouchons, ... Pour les  pompes doseuses et/ou pistolet, introduire de l'alcool dans les récipients bouchés, brasser et agiter longuement, vider par le poussoir/gâchette .

Densité nécessaire

 

Il convient de se munir d'une balance précise à 0.01 gramme (1). Le dosage par millilitre me semble proche de l'impossible. Le dosage par goutte semble difficile au regard de la diversité importante : de 20 à 55 gouttes pour 1 ml selon les pléthoriques différents compte-gouttes et codigouttes qui pourtant se ressemblent sans sourire comme deux...

 

Toutefois la règle des proportions promeut :  les unités en volume (unit/vol.) des recettes peuvent s'appliquer quelle que soit l'unité volumique, pourvu impérativement que ce soit la même. Par exemple, une suite de trois ingrédients de 5 puis 2 puis 12 unit./vol. peut s'ajuster en 5-2-12 du même codigoutte. Cette solution n'est évidemment pas à privilégier aux regards d'approximation évidente (cuillère à café, ...), de disparité rébarbative (grande nombre de gouttes d'une seule huile) source d'erreur (j'en étais où, 127 ou 128 ?) et de la non maîtrise de la quantité totale (flacon trop petit pour le volume finale).

 

Seul le poids permet la précision contrainte par la densité. Rappelons à ce propos par l'exemple :

  • la densité 1 s'applique à 1 litre d'eau qui pèse 1 kilo.

  • pour une densité 2 (plus que l'eau) ; 1 litre pèse 2 kilo ; ou 1 kilo mesure 0.5 litre

  • pour une densité 0,5 (moins que l'eau) ; 1 litre pèse 0,5 kilo ; ou 1 kilo mesure 2 litres

> A volume égal, la densité forte implique un poids fort ; la densité faible implique un poids faible.

> A  poids égal, la densité forte implique un volume faible ; la densité faible implique un volume fort. 

Par exemple :

  • L'HE de palmarosa de densité 0,887 mesurée à 0,72 g affiche 0,82 ml : le chiffre du volume est plus grand que le chiffre du poids parce que la densité est inférieure à 1. 

  • L'HE de girofle de densité 1,059 mesurée à 1,73 g affiche 1,63 ml : le chiffre du volume est plus petit que le chiffre du poids parce que la densité est supérieure à 1.

 

 

Méthodologie d'ajout

 

Après avoir rassemblé par ordre de la recette les différentes fioles, après ouverture des bouchons posés aux côtés de leurs flacons dédiés (au rebouchage, chaque bouchon sur son flacon d'origine, c'est important), après avoir taré le flacon vide et son entonnoir, deux mises en oeuvre s'opposent (par exemple sur une chaîne 0,64g + 1,32g + 2,56g) :

  • soit par addition : on pèse le premier ingrédient à 0,64 puis on ajoute le 2ème pour obtenir 1,96 (0,64+1,32) puis le 3ème jusqu'à 4,52 (1,96+2,56).  Cette méthode présente plusieurs inconvénients : perte possible d'affichage durant la pesée (extinction du cadran par durée trop longue entre deux ajouts), obligation de tout refaire en cas d'erreur importante (ce qui, comme chacun sait, se produit toujours vers la fin), impossibilité de stopper le processus pour une action prioritaire urgente (faim impérieuse de fromage au lai cru de chèvre du Poitou, ...).

  • soit par tare systhématique : on pèse le premier ingrédient, on tare, on pèse le second (qui ne diffère pas du 2ème, simple digression), on tare, on pèse le dernier (qui, ici, ressemble au 3ème).

 

(1) Après de nombreuses recherches en magasins offrant un grand nombre de modèles précis à 0.1g, ce qui ne convient pas, j'ai trouvé en précision 0.01g pour 500g maximum chez " aroma-zone " pour 15€ (piles fournies).